Atelier d’engraissement de taurillons

L’exploitation comprend deux bâtiments d’engraissement de taurillons, soit 204 jeunes bovins.

Cette filière connaissant de nombreuses difficultés ces dernières années, l’exploitation travaille à l’optimisation de cet atelier pour réussir à dégager une marge positive. Cette optimisation est envisagée sous différents angles :

  • augmenter le bien-être des animaux afin de réduire les accidents et les pertes ;
  • réduire le coût de la ration alimentaire tout en conservant un GMQ (gain moyen quotidien) de 1350g en races salers et gasconne.

Afin de réduire les accidents et pertes d’animaux, l’exploitation a réduit le nombre de taurillons à 17 par box. Pour l’instant, ce nombre semble permettre aux animaux de bénéficier d’un espace suffisant pour éviter les tensions entre eux, tout en gardant un contact suffisant avec leurs congénères et donc de conserver l’aspect grégaire du troupeau, en particulier en race gasconne.

L’optimisation de la ration passe surtout par la production sur place du maximum de ses ingrédients et dans une seconde mesure par la réduction des pertes au silo.

En 2014-2015, un essai a été réalisé afin de comparer deux rations, les résultats ne sont pas encore communicables. Cet essai comprenait un volet engraissement et un volet suivi du comportement, l’alimentation de ces animaux ayant un impact non négligeable sur leur comportement.


Production d’énergie

À travers ses deux ateliers de production d’énergie, l’établissement d’Obernai a été le premier et est encore le seul établissement scolaire à énergie positive, c’est à dire qu’il produit plus d’énergie directe* qu’il n’en consomme.
*L’énergie directe correspond à l’électricité et au fioul consommés directement. Tandis que l’énergie indirecte correspond à l’énergie nécessaire pour la production et le transport des produits achetés : aliments, engrais...

Photovoltaïque

Depuis 2009, l’exploitation comprend un bâtiment d’élevage où a été installée une toiture photovoltaïque. Cette toiture de 615m2 permet de produire 84 kWh/an en moyenne.

 

Méthanisation

La station de méthanisation telle qu’elle a été créée est un véritable projet de territoire : une station de méthanisation permet de recycler certaines matières organiques en énergie électrique et thermique. Nous pouvons donc à partir des matières organiques d’un territoire produire une partie des besoins en énergie de celui-ci.

Notre station valorise ainsi plusieurs types de matières organiques : un sous-produit de l’atelier d’engraissement de taurillon, le fumier, les déchets verts de la communauté de communes du pays de Sainte Odile ainsi que les restes des cantines scolaires d’Obernai.
La méthanisation de ces matières organiques permet ainsi de fournir au réseau 2000 MWh électrique, soit la consommation annuelle de 350 familles et 900 MWh thermique de chaleur à une entreprise locale, Stoeffler.

Lors de la mise en place du projet, l’exploitation s’était donné comme objectif coefficient de fonctionnement du cogénérateur à pleine puissance de 98%. Aujourd’hui en 2015, 3 ans après le lancement de la station de méthanisation et grâce à l’expérience obtenue et le temps consacré pour ajuster son fonctionnement,  le cogénérateur fonctionne 98,16% du temps à pleine puissance.

Outre cette production d’énergie, la méthanisation fournit du digestat, un produit organique que l’on utilise pour fertiliser nos sols à la place d’engrais chimiques.

Épandage du digestat sur les parcelles de l'exploitation

Productions végétales

L’exploitation d’Obernai possède une SAU de 63,5 ha : une vingtaine d’hectares en houblon, une dizaine d’hectares en grandes cultures en conversion bio et le reste en productions conventionnelles.

Houblon AB

L’exploitation du lycée agricole d’Obernai produit historiquement du houblon : de 6 ha à ses débuts en 1984, l’exploitation est passée à aujourd’hui 19,4 ha de surface aménagée en houblon (dont 15,4 ha en production). Petite filière à l’échelle de la France (55 producteurs dont 48 dans le Bas-Rhin sur 515 ha), le houblon a subi ces dernières années une crise qui a poussé la filière à se restructurer : en effet, la production, basée sur une variété unique, le STRISSELSPALT était destinée en grande partie à être vendue sur le marché Nord Américain. L’arrêt brutal de ce débouché a entraîné des changements importants pour les houblonniers.
Pour notre exploitation, cette restructuration s’est traduite à partir de 2009 par la conversion de la houblonnière à l’agriculture biologique, marché jusque là encore inexploré en France, ainsi que par une augmentation de la diversification variétale.
Le passage à une production biologique nous a permis également de diversifier nos clients, en effet la diversité et la singularité de notre production nous a amené un nombre plus importants de brasseries et des brasseries de petite taille. L’exploitation n’est donc plus dépendante d’un unique client.
La commercialisation de notre production se fait par l’intermédiaire du Comptoir Agricole via son site internet

En ce qui concerne la diversification variétale, l’exploitation est engagée depuis 2001 dans un plan de conservation de variétés anciennes  et dans un plan de recherche variétale. Ce dernier  a pour objectifs la création de nouvelles variétés de houblon :
aux propriétés aromatiques identiques au Strisselspalt, mais avec une teneur en acides alphas entre 6 et 8 % (molécules à l’origine de l’amertume de la bière, plus leur concentration dans le houblon est forte, plus le houblon sera amérisant) ;
ou avec des arômes particuliers, dit «flavor hops » (goût fruits rouges,...).
La création d’une nouvelle variété houblonnière est un processus long qui peut durer jusqu’à 11 ans. Aujourd’hui, 3 variétés testées sur l’exploitation ont été déposées et une dizaine d’autres variétés pourraient suivre.

 

Grandes cultures en conversion AB

Suite aux difficultés économiques qu’a connu la filière houblonnière en 2009 (perte du principal client), 50 % de la surface de la houblonnière de notre exploitation (19,4 ha) avait été arrachée. La filière avait alors revu complètement sa stratégie et un énorme travail de prospection commerciale fut réalisé pour relancer le houblon en Alsace.
Sur cette même période, une conversion à l'agriculture biologique avait été entamée par l'exploitation de l'EPLEFPA pour répondre à un nouveau marché en plein essor, celui des micros brasseries et des bières de qualité.
Durant la phase de transition, pour exploiter les surfaces libérées (jusqu'à 5 ha), l'exploitation a développé des productions de cultures annuelles comme le chou à choucroute AB et la pomme de terre AB dont les ventes ont aussi progressé, en particulier pour le chou.

Production de pommes de terre bio dans la houblonnière

Après 5 années de travail, la filière ayant redéveloppé les surfaces de houblon et en particulier en production AB, toute la surface de houblon en production (14,67 ha) est à nouveau plantée.
Pour pouvoir poursuivre les productions de cultures annuelles, il a donc été décidé de convertir en AB 10 ha de surface supplémentaires et de mettre en place une véritable rotation de cultures annuelles sous label AB.


La campagne 2016 correspond donc à la première année d’une conversion en 2 phases -5,8 ha d’abord puis le reste 3 ans plus tard afin de limiter l’impact économique des années de transitions- d’une parcelle de l’exploitation. Cette conversion s’achèvera donc en 2020.
Une rotation de cultures annuelles en production AB comporte une succession de cultures d'au moins 7 années. Cette rotation longue est nécessaire pour répondre aux problématiques de maîtrise des bioagresseurs, maîtrise essentielle pour assurer une réussite économique durable des productions.
Cette viabilité économique passe également par des minima de quantitatifs produits et pour certaines productions (chou à choucroute), la signature de contrats de production. Pour cela, 1,5ha par sole nous paraissait être le minimum.


En dernier lieu, il était important pour la régularité de rendements (notamment en cultures de printemps comme le chou et la pomme de terre) de pouvoir irriguer.
Il a donc été décidé de convertir la parcelle 1 de l‘exploitation dont la surface 10,15 ha permettait un découpage en 7 parcelles de 1,45 ha.
Cette rotation a été équilibrée sur ses 7 années pour alterner cultures d’hiver et cultures de printemps ainsi que des cultures de familles différentes et donc limiter les pressions liées aux adventices, ravageurs et maladies.

  • La luzerne, implantée pendant deux ans permet un gain agronomique dans la lutte contre les adventices et permet d’améliorer la structure du sol. Cet aspect est très important car les cultures, les plus productives, sont des cultures de printemps qui demandent souvent de l'irrigation pour assurer les rendements.
  • L'épeautre permet une bonne valorisation de l'azote stockée par la luzerne et permet de réaliser des faux semis avant les cultures de printemps
  • Le chou valorisera l'azote en deuxième, ce qui évite les excès, préjudiciables pour la qualité sanitaire des choux.
  • Le blé ou une autre céréale d’hiver serait implanté après pour valoriser l'azote restant des choux et permettre de réaliser des faux semis avant la culture du soja, la plus difficile du point de vue maîtrise des adventices.
  • Le Soja fixera de l'azote pour la dernière culture, la pomme de terre avant un retour à la luzerne. 


La rotation telle qu’elle a été envisagée et les débouchés associés sont représentés ci-dessous :

Une autre variante de cette rotation pourrait également être mise en place dans les années à venir. Il est en effet envisagé de produire -à la place d’une des céréales proposées précédemment- de l’orge brassicole. Ceci permettrait de produire tous les ingrédients nécessaires à la production d’une bière bio sur notre exploitation et donc éventuellement d’établir une microbrasserie locale et bio. Ce projet est actuellement en cours de réflexion avec l’OPABA (Organisation Professionnelle de l’Agriculture Biologique en Alsace) et la Chambre d’Agriculture.

Grandes cultures conventionnelles


Sur ses parcelles conventionnelles, l’exploitation a établi une rotation sur 4 ans :

Cette rotation permet  de limiter dans une certaine mesure le recours aux produits phytosanitaires : l’alternance de différentes cultures et une couverture maximale sur l’année du sol permettent de limiter le développement des bioagresseurs.

La betterave sucrière est vendue à la sucrerie d’Erstein et une partie des céréales et maïs au comptoir agricole. Le reste est utilisé pour l’alimentation des taurillons. Des surplus éventuels et les cultures dérobées sont eux utilisés pour l’alimentation du méthaniseur.
 
Sur ces parcelles, plusieurs essais ou programmes sont en cours :

  • programme LIFE ALISTAIR : sauvegarde du grand hamster d’Alsace ;
  • essai travail du sol : comparaison de l’impact du labour, des TCS et du semis direct sur l’état de la parcelle ;
  • programme Ecophyto : programme nationale visant à la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires.
Conception graphique
Chantal Reiss :
Conception TYPO3 :
Ameos
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